C’était un matin comme les autres. Dès 7h30, comme pour beaucoup d’autres Bretons, mon réveil sonne. Et j’ai de la chance, pour la plupart de mes compatriotes la journée commence plus tôt. Je suis un petit veinard. Une douche et un café, et me voilà sur les chemins incertains et marécageux de la « vie active ». Des fois que celle de la mère de mes gosses serait « inactive »… Enfin, le vocabulaire actuel est ce qu’il est, on fait avec. Drôle d’époque ! Une époque où il est de bon ton de se gueuler dessus, de théoriser mystérieusement sur un complot invisible, ou encore de préférer fermer les yeux devant les horreurs du monde… Mais moi, je suis curieux. Alors j’ai ouvert les yeux. Et c’est vrai que ce que j’ai vu, ce n’était pas joli…

D’abord, il y a eu cette histoire sur les experts du Bugaled Breizh. Encore des cerveaux venus de paris, que je me suis dit. Et puis j’ai pensé aux matelots. Fils de marin, ça m’a fendu le cœur de repenser aux femmes, enfants et amis des victimes. La mer donne, la mer reprend, c’est comme ça. Je me reprends un café : beaucoup de boulot ce matin. Apparemment, les experts de la commission d’enquête ne seraient pas tous impartiaux. L’un d’eux aurait commandé l’escadrille de sous-marins français le jour fatal… Et puis merde. On a bien compris que personne ne sera responsable de ça avant longtemps… Et en attendant, des gosses grandissent sans leurs pères.

Et puis peu après, on a eu un pseudo « coup de théâtre » au sein de la politique Bretonne. Bof. La politique, ça ne m’intéresse plus. Il y a longtemps qu’on a compris que ça ne nous apporterait rien, à nous, les travailleurs. Plus de midi et demi. Je range quelques feuilles, et je dévale les trois étages. J’ai faim. Bon, je continue à suivre un peu ce qui se passe, bien sûr, mais sans espoir. Une bande de requins sans pitié ni dévouement qui cherche plus à faire carrière qu’à faire son boulot. Tous des pourris. D’ailleurs c’est ce que semble comprendre ce politicien, Christian, Christophe, ou quelque chose comme ça. Un gars de l’Union Démocratique Bretonne, tiens. D’après lui, il y a une dégradation accélérée du climat politique en France.

Ça faisait longtemps qu’on l’avait compris, nous, les petites

classes

. Un sandwich, un mauvais café, quelques blagues entre collègues, et je remonte vite les trois étages. L’air est vraiment froid aujourd’hui. Il parle aussi de fascisme, de démocratie, d’indépendance… Des blagues tout ça. On les connaît ces langues-de-bois. Des mots, des mots, toujours des mots. Mais rien de concret, d’intelligent à proposer. Encore que l’indépendance… Après tout pourquoi pas ? Ce sera toujours moins bureaucrate qu’aujourd’hui. Il y pense lui aussi, le Christian, à l’indépendance. Je ne sais pas trop. Ça parait risqué cette connerie ! Mais en même temps, qu’est-ce que ce serait beau ! Les ploucs de Bretagne, exploités, disent merde a Paris, et décident de bosser pour eux. Mémorable. Et pas mal de gens y croient. Certains ont même créé un embryon de parlement. J’irai voir ça, ça rien de faire la démocratie à notre échelle. Juste pour emmerder les bourgeois de paris.

Parlons-en d’emmerdements. Y a une nouvelle qui vient de tomber. Et avec elle, un portique. Un portique, oui. Ca faisait quelques mois que les cravatés, arguments écolos a l’appui, nous construisaient de ces portiques d’écotaxes en Bretagne. Et des sacrés portiques ! 17h30, fini le boulot, encore une petite demi-heure de marche, et enfin à la maison. Pas mécontent de rentrer ! Journée épuisante. Oh l’écologie c’est bien, mais l’Etat est le premier à l’ignorer. Les subventions pour Total, elles coulent à flots. Faut pas s’étonner après si Erika fais la même chose. Ça me fait gerber, tiens. Alors ces architectes de Vinci sont arrivés, ils ont montés ces énormes barrières de métaux, en nous expliquant que c’était pour diminuer la pollution. Au début je les ai crus. C’est eux les experts. Et quand j’ai commencé à creuser le sujet, j’ai compris qu’ils voulaient taxer tous les poids lourds en circulation en fonction de leurs kilométrages. « Faire payer les pollueurs ». Payer. Payer, encore et toujours. Ce qu’on leur donne déjà ne leur suffit pas ? Y aurait près de 80% de nos impôts qui ne seraient pas réinvestis en Bretagne. Ça me fout les boules. Je connais des petits patrons Bretons à qui ça va faire plaisir tout ça. Une charge de plus pour les ploucs. On avait la « chance » de ne pas payer de péages en Bretagne (une tradition qui remonterai au temps de l’indépendance), et bien je crois que ce temps va bientôt être révolu… Le dixième café de la journée, un plat de pâtes, et au pieu. Quoique, imposer leur péages volants, ça sera pas si facile. Déjà, des commandos sabotent ces frontières de la trésorerie publique. Les bureaucrates feront peut-être marche arrière. Histoire qu’on ait encore un peu d’oxygène. En attendant, j’essaye de dormir entre deux cachets d’aspirine. On verra ce qu’il en ait demain.

Demain…

Encore un matin…

Yann Abyann Armeud

Quelques visions sulfureuses

Mieux vaut le vin d'ici que l'eau de la . Alain Pennec.

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